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On ne re'devient pas comme avant, on apprend à devenir autrement - la guérison après un choc émotionnel

On ne retourne jamais à qui on était avant ; on découvre qui l’on peut devenir après.

Dans le champ du psychotraumatisme, cette phrase prend une résonance particulière.

Elle vient questionner une attente très fréquente à l'intérieure de la blessure par le choc.

Celle de “re’venir” à l’état antérieur.

Comme si, après la tempête, il était possible de re’trouver exactement le même paysage intérieur. Comme si l’on pouvait re’devenir celui ou celle d’avant, sans trace, sans modification.


Mais la réalité clinique montre autre chose. L’expérience humaine aussi.


Illustration symbolisant la transformation personnelle après un traumatisme psychologique, représentant le passage de l’ombre à la lumière et la reconstruction identitaire.

Le psychotraumatisme et l’illusion du “re’devenir”

Après un événement violent, l'accident, l'agression, le deuil (sur) brutal, la violence dans la relation conjugale ou intra familiale, la catastrophe ou l'harcèlement, pour beaucoup il s'exprime le souhait de guérison après un choc émotionnel et « Je veux re’venir comme avant. Je veux re’trouver qui j’étais. »


Ce besoin de guérison après un choc émotionnel est compréhensible. Il traduit la recherche de sécurité. Il traduit la nostalgie d’un temps où le monde semblait plus stable.

Pourtant, le traumatisme n’est pas une parenthèse que l’on referme pour reprendre la phrase au mot à mot précédent, « Je veux re’venir Je veux re’trouver . »


Celui-ci s’inscrit dans le corps, dans la mémoire émotionnelle, dans la perception du danger. Le système nerveux apprend. Il adapte ses réactions. Il reste parfois en hypervigilance. Parfois au contraire, il se met à distance.

Le cerveau ne peut pas “désapprendre” totalement ce qu’il a intégré. C’est pourquoi l’idée de re’devenir exactement la même personne est souvent une illusion. Non pas une faiblesse, MAIS..une réalité biologique et psychique.


Ce qui change après un traumatisme qu'il soit simple ou complexe

Un traumatisme modifie la relation à soi et à son monde, parfois la déréalisation, tantôt la dépersonnalisation, les deux le peuvent. Le sommeil peut se fragiliser. Les réactions émotionnelles peuvent devenir plus intenses et certaines situations déclenchent des peurs inattendues. On peut se sentir plus vulnérable. Ou au contraire plus fermé.


Les changements de cet axe ne signifient pas que l’identité soit totalement détruite pour certains clivage. Ils indiquent qu’elle est en mouvement. L’être humain ne se fige pas toujours définitivement après un choc ; il se réorganise. Et c’est ici que la nuance est importante, de ne pas "re’venir à l’ancien soi ne veut pas dire perdre toute possibilité d’équilibre". Cela signifie entrer dans un processus d’évolution.


La résilience et intégrer plutôt que re’venir

La résilience ne consiste pas à effacer l’événement. Elle ne consiste pas à faire “comme si”. Elle ne consiste pas à redevenir naïf ou insouciant. Elle consiste à intégrer, car intégrer, c’est permettre à l’événement de prendre sa place dans l’histoire personnelle sans envahir tout l’espace. C’est retrouver un sentiment de sécurité construit, plus conscient. C’est accepter que certaines choses ont changé, tout en découvrant que d’autres forces ont émergé.


Dans l’accompagnement du psychotraumatisme, l’objectif n’est pas de promettre un retour en arrière. Il est d’aider la personne à se stabiliser, à se réguler, à se reconnecter à ses ressources, et non Pas re’devenir, Mais devenir autrement.


Le devenir après un traumatisme est une transformation humaine

Après un choc, il peut y avoir plus de prudence incongruente, mais aussi plus de discernement.

Il peut y avoir des cicatrices, mais aussi une capacité plus profonde à comprendre la souffrance.

Il peut y avoir des fragilités, mais aussi une solidité intérieure nouvelle, celle d’avoir traversé. Connaitre plus, que savoir sans reconnaitre !


On ne romantise pas la douleur, le traumatisme reste une épreuve, mais au cœur de cette épreuve, il existe une possibilité de transformation. On ne retourne jamais à qui on était avant, on découvre qui l’on peut devenir après.


Ce devenir n’est pas une version “améliorée” au sens spectaculaire. Il est souvent plus subtil, plus lucide, plus ancré.


Le traumatisme change une trajectoire, mais il ne définit pas toute l’identité, son histoire continue, le mouvement continue, et parfois, dans cette traversée, émerge une version de soi plus consciente, plus alignée, plus authentique que celle que l’on cherchait à re’trouver.


Ne pas re’devenir comme avant n’est pas un échec, c’est reconnaître que l’être humain évolue avec ce qu’il traverse et dans cette évolution de guérison après un choc émotionnel, même lente, même fragile, se trouve une performance de reconstruction.


David Laurençon

Accompagnement du psychotraumatisme

Psycho-éducation · Sécurisation du système nerveux · Se reconstruire


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